miércoles, 10 de noviembre de 2010

SI J'ÉTAIS NÉE BLANCHE...

Si j’été née blanche, j’aurais eu une enfance heureuse avec des chansons pour dormir, des millions de jouets de miles couleurs, et des parents qui mettent avant tout ma sécurité, ma stabilité et mon bien-être.

Si j’été née blanche, mon corps aurait pu jouir des crèmes les plus suaves, des parfums les plus exquis, des champoings parfumés, des habits soyeux et de toutes les couleurs, ce qui travaillerait tous mes sens depuis toute petite.

J’aurais aimé être née blanche pour être celle qui commande à la maison depuis toujours, piquer des crises de colères et faire danser tout le monde à ma volonté ; Pouvoir dire aux gens « tais-toi » quand je me fatigue de les écouter parce que la seule personne qui importe, c’est moi.

J’aurais aimé être née blanche parce que j’aurais eu l’opportunité de voyager, d’aller aux endroits les plus charismatiques et profonds de la terre, avoir la sensation de “manger” la vie et savoir que si je voulais, je pourrais. Monter sur les mûrs les plus élevés de l’orbe terrestre, du globe et jouir d'une satisfaisante sensation de solitude.

J’aurais aimé être née blanche pour vivre dans une ambiance de facilités, d’opportunités, de connaissances, de commodités… une vie tranquille et sans soucis. Pour savoir ce que c’est que « décider », ce que signifie « sécurité » ou « avoir le moral bas », me sentir égoïste et egocentrique sans que cela ne me gène ; Jouir d’un amour physique avec des câlins, des bisous et toutes ces choses que font et disent les blancs.


Mais je suis née dans un endroit où la mère nature prime et domine, où les besoins, la nécessité et les pénuries ne laissent aucune place aux cajoleries ni aux gâteries. Un endroit où la pauvreté est un décor et où la trsitesse n'a aucune place. Je suis née dans un endroit où les tam-tams résonnent appelant à la joie en faisant vibrer les âmes; Un endroit où mes ancêtres naissaient directement de la terre et imploraient la pluie avec du sel et du feu. J’ai le sang du lion dans mes veines et j'ai les dieux du tonnerre, du fer et de la terre qui veillent sur moi…C’est ce que disent les pères de mes pères.

J’ai une culture de chants, de refrains, de vérités qui font que chaque jour ne soit pas seulement une routine ou une simple habitude. Je sais lire dans les regards. Je connais les gens. Je sais ce que c’est que la préoccupation et ce qui vient juste avant « souffrir ». Je sais valoriser les gens, et mettre en valeur ce que j’ai. Je sais être reconnaissante. Je sais ce que sont les claques, les taloches quotidiennes, les habits de chaque jour et les habits de dimanche. Jouer dans la rue mi-nue, avec les éléments de la nature comme jouets. Je sais comment résonne un rire insouciant.

Je sais ce que c’est que jouer, posée comme un oiseau au sommet des manguiers; Voir le monde là-haut juchée, et penser que l’horizon, c’est cette cabane qui se dessine là-bas au loin. Aller en vacances en changeant seulement de quartier. Barboter, patauger dans les cours d’eau avec les amis, défiant les simples règles d’hygiène et les infections. Et ma pauvre peau, habituée aux intempéries, ne souffre ni sous le sol ardent au zénith, ni avec les morsures d’un scorpion.

Je sais ce que c’est que marcher pieds nus, courir pieds nus, en notant les pierres du chemin, des pierres dont le simple toucher me rappelle mon enfance. Je sais ce que c’est qu’être couchée dans un champ, les herbes hautes tout autour, et écouter chanter les criquets ; l’herbe mouillée qui rappelle la mélancolique odeur de pluie. Les “réveille tôt”, la sieste sous les arbres de l’après-midi, cette ignorance qui produit bien-être et tranquillité d’esprit. Voir les étoiles simplement en levant la tête et savoir que tu ne peux pas « manger » le monde, mais que tu peux t’élancer et voler.

Je sais ce que sont les maisons mal construites, qui n’ont rien à voir avec les grandes Cité de Pierres, mais qui ont chacune son histoire. De même que les baobabs, arbres majestueux avec leurs récits terrifiants. Une culture de contes, de suppositions, de superstitions et de métaphores qui défieraient même au grand Tim Burton.

Je suis orgueilleuse de mes racines et je frime jusqu’à la satiété. C’est celui qui n’a rien vécu qui souffre pour les mêmes choses. Moi je suis préparée. J’ai mes expériences comme bouclier, des expériences qui ont aiguisé mes sens et mon intuition. J’ai la force nécessaire pour faire face à mes problèmes. J’ai en moi la bravoure et le courage du léopard. Feu ardent qui me faire vivre tout avec passion. Moi, je peux voler.

J’aurais aimé être née blanche mais bien vu, c’est beaucoup plus cool être noire.



http://yaivi.blogspot.com/


* Texte caricaturiste, traduit de la versión originale en espagnol: Me hubiera gustado ser blanca.